LES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION

Pour le moment, essayons de répondre à la question COMMENT en examinant brièvement les moyens utilisés pour extraire, transporter et mettre en place des blocs de pierre dont le poids est souvent de l'ordre de plusieurs dizaines de tonnes pouvant atteindre et même dépasser parfois cent tonnes.

L'extraction en carrière en l'absence de tous outils en métal dur était la première difficulté.

Le transport qui s'effectuait sur plusieurs kilomètres, n'était pas la moindre affaire. On sait désormais par des expériences précises, comme celle qui a été dirigée par la préhistorien Jean Pierre MOHEN, pour une émission télévisuelle, comment ont été transportées de telles masses de pierre. Cette expérience faite sur le site de la Nécropole mégalithique de BOUGON, a montré que 200 hommes pouvaient lever et tirer sur plus de 100 mètres une dalle de 32 tonnes.

Un chemin de roulement constitué de gros rondins disposé longitudinalement dans le sens du parcours, tapisse le sol. Des rouleux de bois, en nombre suffisant pour résister à l'écrasement sont glissés sous le bloc alors qu'il est levé progressivement par un effort collectif à l'aide de longs et solides leviers abaissés en même temps. Le bloc est tiré par un grand nombre d'hommes au moyen de cables très résistants constitués de fibres végétales, de lin en particulier, ou de lanières de cuir, torsadées. Pour la mise en place verticale des monolithes, que ce soit une dalle latérale d'un dolmen ou un ménhir, une tranchée ou un trou est creusée, une rampe en remblai est aménagée pour recevoir le chemin de roulement, et le bloc est amené puis basculé et enfin mis à la verticale par action de levier avec des pieux, ou par traction avec des cables et calages successifs. La partie enterrée dans le sol naturel est en général le tiers de la hauteur totale.

Après avoir mi en place des parois latérales, celles-ci sont recouvertes par un remblai formant terminal du chemin de roulement. La dalle est roulée jusqu'à ce qu'elle se trouve exactement en position au-dessus des montants verticaux qui seront son support. Le remblai est alors dégagé uniformément sur les quatre côtés pour que la dalle descende régulièrement et vienne se poser en douceur sur les montants verticaux. Ceci expliquerait pourquoi on voit souvent des petites pierres coincées entre la dalle plafond et son support vertical.

'D'après "Mégalithes et sépultures mégalithiques" par le Docteur ROGER"

Le Dolmen de Bagneux

Dans la construction du Grand-Dolmen, il n'entre pas a moindre "pierre de carrière". La roche constituante est le grès du bartonien inférieur à Sabalithes andegavensis, sous forme d'énormes dalles. Selon M. Préaubert, se ralliant à l'idée des habitants de la région, "les dalles de grés ont été descendues de la falaise, soit du côté de Bournan, soit du côté de Terrefort, à 1 km environ. Il existe en effet encore actuellement sur ces côteaux des carrières de grès et d'énormes blocs couchés sur le sol. Il est également possible que la dalles du mégalithe proviennent d'un ilot ancien de couches grézeuses aujourd'hui disparues, ilot formé sur l'emplacement même du monument et disloqué par l'humidité et la gelée.

TUMULUS : - Un tumulus, dont les derniers débris ont été enlevés vers 1847, recouvrait originairement l'allée couverte. Les plupart des auteurs angevins, avec les membres du Congrès Archéologique, admettent l'existence de ce tertre.

(D'après "L'Allée Couverte de Bagneux" par O. Desmazières)